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    [PODCAST] Konstantin Peric, passionné par l’inclusion financière

    7 octobre 2020, 06h08
         |      Article rédigé par Sophie Bernard.

    Aujourd’hui Deputy Director, Financial Services for the Poor de la Fondation Bill et Melinda Gates, Konstantin Peric a passé près de 24 ans à occuper divers postes au sein de la Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication, mieux connue sous l’acronyme SWIFT, une coopérative bancaire qui fournit maintenant des services de messagerie standardisée de transfert interbancaire. Il en fut architecte en chef et, au moment de son départ, responsable de l’incubateur Innotribe. À l’époque où il était chez SWIFT, on comptait 2,5 milliards de personnes non bancarisées à travers le monde, sans accès à un système financier. L’inclusion financière s’avère un sujet qui l’a toujours intéressé et fasciné. Il sera l’un des conférenciers de MTL connecte / Le printemps numérique.

    [PODCAST] Konstantin Peric, passionné par l’inclusion financière Konstantin Peric.Photo: Courtoisie

    Concrètement, explique-t-il au Lien MULTIMÉDIA, cela veut dire que des gens qui ne traitent qu’avec de l’argent liquide sont généralement très pauvres. « Cela coûte très cher d’être pauvre, note Konstantin Peric. Quand vous n’avez que du cash, c’est à vous de vous arranger. Si le fils de la famille travaille dans une grande ville et qu’il veut envoyer de l’argent, il doit trouver quelqu’un qui le transporte physiquement, ça va coûter cher et il y a un danger que l’argent n’arrive pas. » Il donne aussi en exemple la femme de ménage qui doit marcher une journée ou une demi-journée pour aller payer l’école de son enfant, ce qui lui fait perdre du temps qu’elle pourrait passer à travailler.

    Cette non-bancarisation a un impact sur les gens, mais aussi sur les gouvernements dans des pays où un grand nombre de citoyens n’a pas accès à des services bancaires. Aujourd’hui, l’économie est numérique, les pays auront de la peine à progresser tant qu’une grande partie de la population n’est pas connectée. « Avec la pandémie de la COVID, énormément de gouvernements veulent aider les gens et les ménages en envoyant de l’argent, souligne le Deputy Director, Financial Services for the Poor de la Fondation Bill et Melinda Gates. C’est un non-sens qu’aujourd’hui, 1,7 milliard de personnes n’ont pas accès à l’économie. C’est un problème pour eux et pour les gouvernements. »

    C’est pour travailler sur ces enjeux que la Fondation a embauché Konstantin Peric il y a sept ans. Le programme assiste les gouvernements, les banques centrales et les acteurs privés en Afrique et en Asie du Sud-Est pour les aider à développer des plateformes de paiement et d’identité numérique afin de bancariser les populations qui ne le sont pas. Cette aide prend diverses formes. D’abord financières, en agissant comme investisseur philanthropique, mais aussi en fournissant une expertise technologique - puisque le développement de plateformes relève de la technologie - mais aussi comme modérateur entre les différents acteurs qui n’ont pas toujours les mêmes motifs commerciaux.

    En Afrique, le Kenya a pris la pole position proposant, dès 2007, la plateforme de transferts monétaires via la téléphonie mobile M-Pesa. Le téléphone mobile a initié ce mouvement et est devenu un portefeuille électronique permettant d’envoyer des transferts d’argent sous forme de textos, note Kosta Peric. « C’est une transformation fondamentale pour atteindre ces populations qui peuvent être à des centaines de kilomètres d’une branche ou d’un ATM, dit-il. Avec le téléphone, c’est très simple, pas besoin d’Internet, juste un signal GSM. Une innovation frugale qui marche très bien. » Cette technologie peut même permettre à des ménages de sortir de la pauvreté. Aujourd’hui, l’Afrique compte plus de 150 systèmes d’argent mobile.

    Cela ne signifie cependant pas la fin de l’exclusion bancaire. On compte encore 400 millions d’adultes africains qui ne sont pas bancarisés. Il faut accélérer le mouvement. L’innovation, aujourd’hui, repose sur l’interopérabilité de ces plateformes, qui se trouvaient trop souvent en silos sur un même réseau. L’Afrique est en train de mailler tous ces systèmes. D’ici 2029, Konstantin Peric espère que tous les Africains seront bancarisés.

    Au-delà de l’aspect personnel, le fait d’avoir accès à un système financier peut aussi aider les très petites compagnies, alors que les entrepreneurs prennent la mesure de l’importance de pouvoir faire des transactions. Cela peut aussi permettre aux entrepreneurs d’offrir de nouveaux services. Konstantin Peric donne en exemple la possibilité, en Afrique, d’acheter une batterie solaire à coup de petits paiements sous forme d’abonnement.

    Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’Afrique de l’Ouest se trouve très avancée en matière de systèmes bancaires numériques. D’abord, l’entreprise française Orange y est très présente. Mais, plus particulièrement, l’Afrique de l’Ouest possède son union économique et monétaire, l’UEMOA, qui regroupe huit pays qui partagent la même devise, le franc CFA, et une banque centrale. La Fondation Bill et Melinda Gates soutient d’ailleurs cette banque centrale dans son effort d’interopérabilité dans la région. « L’Afrique de l’Ouest trace le chemin, note Konstantin Peric. Elle le fait à l’échelle régionale. Ces pays sont innovateurs devant tout le monde. »

    Évidemment, la numérisation des systèmes bancaires pose des questions de sécurité. Toutefois, il faut comprendre que les services offerts en ligne s’avèrent beaucoup plus sécuritaires que de mettre son argent ou ses bijoux sous un matelas. Le portefeuille électronique se trouve dans le nuage, rappelle le spécialiste, donc si on perd son téléphone, on ne perd pas son argent. Aussi, à partir du moment où les plateformes de paiement prennent racine, cela soulève deux grandes considérations pour les gouvernements : la lutte contre la fraude et la régulation pour contrer le blanchiment d’argent. Il faut aussi s’assurer que les systèmes demeurent stables. On peut imaginer ce qui se passerait au Canada si Interac tombait en panne ne serait-ce qu’une heure. Ce serait une catastrophe, estime Konstantin Peric.

    Au coeur des valeurs de la Fondation, on retrouve l’égalité des genres. Et lorsque l’on parle d’inclusion bancaire, il faut prendre en compte cette égalité. Les femmes doivent s’approprier les technologies, ne fusse que par la possession d’un téléphone mobile, généralement entre les mains des hommes. Ainsi, au Pakistan, les hommes ont davantage accès à la technologie, soit 20 % de plus d’hommes possèdent un téléphone mobile que de femmes. Cette disparité repose sur des raisons diverses et une part importante de l’action de la Fondation vise à assurer l’égalité des genres pour qu’elle atteigne 50 / 50.

    « Les femmes comme gestionnaires du ménage et propriétaires de microentreprises font partie importante de notre soutien, précise le responsable du programme Financial Services for the Poor. Nous devons d’abord aider les gouvernements à mesurer cette différence, ce qui permet de développer, d’articuler des projets d’inclusion financière. »

    Pendant sa présentation à MTL connecte / La semaine numérique, Konstantin Peric abordera de façon plus générale la numérisation du monde. « Où va-t-on et quels sont les écueils ?, se questionne-t-il. Nous avons digitalisé les livres, la musique, la vidéo et maintenant, l’argent et l’identité. » Encore faut-il monétiser ce nouvel univers. Le micropaiement représenterait sans doute une solution.

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