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    [PODCAST] La Harpiste bionique : polyphonie amplifiée

    12 septembre 2020, 05h23
         |      Article rédigé par Marie-Hélène Brousseau.

    D’origine californienne, Alex Tibbitts s’est établie à Montréal en 2014, d’abord pour venir étudier avec Caroline Lizotte, compositrice harpiste et professeure à la Faculté de musique de l’Université de Montréal. De formation classique d’abord, elle a rapidement été attirée par les possibilités électro-acoustiques et a eu envie de créer une manière de jouer propre à elle. Aujourd’hui détentrice d’une maîtrise et co-fondatrice de l’ensemble ILÉA (Ensemble d’Improvisation Libre Électro-Acoustique), la musicienne fait aussi depuis quelques années de la recherche au CIRMMT (Centre interdisciplinaire de recherche en musique, médias et technologie). C’est dans ce contexte qu’elle a rencontré un grand complice John Sullivan, un « luthier numérique » avec qui elle a développé un instrument conçu spécialement pour modifier et amplifier les sons de sa harpe. Le Lien MULTIMÉDIA a discuté avec cette harpiste devenue bionique à l’occasion de son passage à MUTEK.

    [PODCAST] La Harpiste bionique : polyphonie amplifiée Alex Tibbitts.Photo: Adyin Matlabi

    La conception de l’appareil qui permettrait à Alex Tibbitts de plonger avec son instrument dans l’univers électronique s’est faite sur une longue période. Pendant sa maîtrise, la compositrice a étudié, avec John Sullivan, les gestes musicaux de huit différents harpistes à l’aide d’une installation de capture de mouvements par caméras. De fil en aiguille, le projet est passé de l’abstrait au concret, le mécanisme personnalisé est né : un dispositif léger posé sur la table de résonance de l’instrument, captant les sons, et un contrôleur permettant à la harpiste de traiter en direct ce qu’elle génère avec les cordes.

    L’artiste est vraiment très satisfaite de l’équilibre qu’elle parvient à trouver entre le son original de l’instrument, qui est acoustique, et son traitement. « J’ai vraiment cherché la bonne façon d’amplifier ma harpe, qui est acoustique parce que je joue aussi avec des orchestres et je fais des récitals en solo, mais aussi parce qu’un instrument électro-acoustique coûte vraiment très cher ! » L’un des grands défis de ce type de performance hybride consiste par ailleurs à s’adapter à l’espace : dans une salle plus petite, la résonance naturelle de l’instrument prend plus de place et se rend telle quelle aux oreilles du public ; dans un dôme comme celui de la SAT, où la harpiste est appelée à se produire dans le cadre de MUTEK, le son est amplifié et passe par un mixeur, ce qui appelle d’autres manipulations pour générer les sonorités souhaitées.

    « Une question qui me suit tout le temps, c’est que je n’entends pas nécessairement des choses que moi je veux jouer. C’est bien d’interpréter des partitions, mais c’est quoi les sons qui m’attirent le plus ? Avec ce projet j’essaie de me découvrir. C’est vraiment une belle expérience et je crois que ce n’est que le début. Ça va prendre beaucoup de temps pour bien maîtriser les électroniques, mais ça vaut la peine ! » Du temps, que la compositrice a pu prendre, notamment pendant la pause imposée COVID, mais aussi lors de la résidence MUTEK-Avatar, où elle a bénéficié de quatre semaines d’exploration au centre Avatar à Québec. Inspirée par certaines performances au festival Coachella, où les visuels sont liés étroitement à la musique, Alex Tibbitts a notamment commencé à intégrer, pour sa performance dans la Satosphère, des commandes d’intensités visuelles à même son contrôleur. Elle souhaite aussi développer davantage ces possibilités dépassant l’espace sonore en live et, qu’éventuellement, les cordes pincées de l’instrument polyphonique génèrent en soi du flux visuel et des effets lumière.

    Et pourquoi bionique ? Après un accident de voiture, Alex Tibbitts a perdu temporairement l’usage de son côté gauche. En période de récupération, en référence aux morceaux de métal installés dans son corps mais surtout comme pour regarder du bon côté des choses et pour se donner de la force, la musicienne s’est (re)baptisée. Son instrument, lui, nommé Francis, complète l’équipe. Un duo donc qui n’a pas fini d’explorer son potentiel. À ce sujet, la compositrice, toujours interprète, souhaite réaliser un album avant ses trente ans en juin prochain. Peut-être l’occasion de revisiter – munie de ses nouveaux outils – des œuvres de Satie et de Debussy, comme une manière de retourner à ses premiers amours musicaux. À suivre !

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