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    Idées pour la suite : développer une vraie culture éducative numérique

    22 mai 2020, 07h07
         |      Article rédigé par Clément Laberge.

    Les écoles primaires et secondaires du Québec sont fermées depuis le 16 mars. Les élèves et les profs sont à la maison. C’est un euphémisme de dire que le système scolaire québécois n’était pas prêt à ça. C’en est gênant. Une réflexion de Clément Laberge.

    Idées pour la suite : développer une vraie culture éducative numérique Salle de classe.Photo: Wokandapix @ Pixabay

    Ça a pris beaucoup de temps à réaliser ce que cette pause scolaire signifierait et à se r’virer de bord pour les profs les plus débrouillards. Le ministère de l’Éducation a ensuite demandé que les profs communiquent avec les élèves au moins une fois par semaine — mais tout ça est resté bien inégal entre les milieux. Le ministère a ensuite envoyé des suggestions et du matériel rudimentaire aux élèves et Télé-Québec a été appelée en renfort pour produire des émissions éducatives. L’éducation en mode broadcast — encore. C’est mieux que rien, bien sûr... mais après 25 ans de développement du Web ? Vraiment ?

    Je m’étonne que presque tout ça demeure dans une perspective de reproduire l’expérience de la classe physique. Même la remarquable expérience de Marie-Ève Lévesque s’inscrit dans cette perspective.

    Je propose qu’on profite des prochains mois pour entreprendre une grande transformation culturelle dans les écoles québécoises. On doit profiter du contexte actuel pour intégrer à nos pratiques les fondements de la culture numérique.

    La culture numérique n’est pas une affaire de gadgets, c’est une d’état d’esprit, une façon d’agir, de collaborer, d’entrer en relation les uns avec les autres.

    C’est anormal qu’après tous les investissements qu’on a faits depuis 25 ans (et plus) dans « l’informatisation » des écoles on soit aussi mal pris devant une situation comme celle à laquelle nous sommes confrontés.

    Ce n’est manifestement pas un problème technologique puisque la très grande majorité des enseignants et des élèves disposent d’ordinateurs et d’accès internet qui leur permettraient de poursuivre des activités éducatives à distance (il faudra bien sûr trouver des solutions pour les autres, mais c’est un problème distinct).

    Sauf que pour que les équipements informatiques (publics et privés) soient mobilisés efficacement à des fins éducatives, il faudra d’abord pouvoir répondre à des questions comme celles-ci :

    Faut-il vraiment que le prof s’adresse simultanément à tous ses élèves ? Faut-il même qu’ils soient regroupés au moment où il interagit avec eux ?

    Comment peut-on tirer profit de la possibilité que les élèves communiquent entre eux et fassent appel à des ressources externes à la classe (au lieu d’essayer de les empêcher de le faire, comme on le fait encore très souvent) ?

    Est-ce qu’il y aurait des tâches qui pourraient être mutualisées entre les profs pour gagner du temps, qui pourrait être mieux utilisé dans l’accompagnement des élèves ?

    Or, ces questions sont taboues depuis trop longtemps, pour toutes sortes de raisons, dans de nombreux milieux — et à plus forte raison au plan institutionnel. Et cela n’est malheureusement pas toujours guidé par l’intérêt des élèves.

    Quand les élèves pourront être de retour en classe, est-ce qu’on se contentera de dire « ouf, on est passé à travers » avant de reprendre les pratiques antérieures comme si de rien n’était ? Ou oserons-nous bâtir sur les possibilités que nous aurons découvertes pendant la crise ? Comme des façons de répondre autrement à certains des besoins éducatifs ?

    Je propose un chantier, qui se déroulerait dans chaque école, dans le cadre duquel les enseignants et le personnel d’accompagnement, les parents et les élèves auraient à repenser les services éducatifs. Ce pourrait être la priorité à partir de maintenant et jusqu’à la prochaine rentrée — qu’elle se fasse en classe ou pas.

    Comment on peut apprendre de la crise actuelle ? Comment les échanges par courriel, par téléphone, les échanges de documents, le travail réalisé à la maison et la collaboration entre les profs peuvent se poursuivre par exemple ? Comment cela pourrait permettre de répondre plus efficacement aux besoins de certains types d’élèves ?

    Comment le ministère de l’Éducation pourrait lever des obstacles à ces changements, à court terme, d’abord ?

    Le numérique n’est pas qu’une alternative à l’enseignement en classe. C’est surtout un monde de possibilités complémentaires qu’on voit plus clairement que jamais.

    Maintenant qu’une majorité de profs, de parents et d’enfants sont familiers avec la visioconférence, comment on fait pour que ce soit plus qu’un substitut à la classe ? Comment on pourrait s’en servir pour faire intervenir des ressources additionnelles dans la classe ? Ou en marge de la classe ?

    Maintenant qu’encore plus de profs se sont familiarisés avec la production vidéo, pourrait-on imaginer que dans une école (une commission scolaire, voire dans le Québec entier) un prof produise des présentations éducatives qui serviraient à plusieurs profs — et que le temps sauvé par ces profs serve à autre chose ?

    Maintenant qu’encore plus de profs ont découvert une foule de ressources éducatives de qualité produites hors du système scolaire, comment on pourrait interpeller les musées, par exemple, et pourquoi pas les entreprises, pour contribuer encore plus efficacement aux processus éducatifs ?

    Maintenant qu’encore plus de profs ont découvert qu’il existait beaucoup d’outils collaboratifs disponibles gratuitement sur le Web — et qui sont facilement utilisables dans un contexte éducatif, est-ce qu’on pourrait encourager plus vigoureusement les profs qui innovent avec ces outils et les inviter à partager leurs apprentissages avec leurs collègues au lieu de leur mettre des bâtons dans les roues ?

    Et, bien sûr, les réponses à ces questions ne seront pas les mêmes dans tous les milieux — ça fait partie du défi : ancrer les pratiques pédagogiques dans la réalité de chaque milieu.

    Dans tous les domaines, la culture numérique encourage à plus de collaboration, à respecter les rythmes de chacun, à délocaliser les activités, à favoriser la réutilisation du travail des uns et des autres, à encourager l’innovation, à accorder le droit à l’erreur, parce que c’est une partie intégrante de l’apprentissage et de l’innovation.

    Ils faut arrêter de dire que ça ne se fait pas parce que les profs n’ont pas eu de formation préalable. Ça va se passer uniquement quand on va énoncer clairement que cette transformation est une priorité, quand on va valoriser la prise d’initiative, donner le droit à l’erreur, créer un contexte pour que les profs apprennent les uns des autres.

    C’est une transformation qui est déjà en cours dans tous les milieux et qui doit très nettement s’accélérer dans les écoles.

    Je propose donc que ce changement de culture devienne dès maintenant une top priorité du système scolaire — et tout particulièrement d’ici la rentrée de septembre, dont on ne peut même pas être absolument certain qu’elle pourra se faire en classe.

    Les pionniers du numérique dans chaque école devraient d’ailleurs être immédiatement mobilisés pour agir comme leaders dans cette (plus que jamais) nécessaire révolution pédagogique et organisationnelle.

    Clément Laberge est consultant indépendant en éducation, culture et technologies.

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