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    Un peu de réconfort musical

    13 mai 2020, 08h07

    Les artistes et artisans d’ici ont offert aux téléspectateurs québécois deux émissions musicales exceptionnelles, estime le professeur Danick Trottier. « Merci à tous les artistes de nous avoir fait du bien. » Le premier ministre François Legault avait réservé ses remerciements quotidiens, le 11 mai dernier, aux équipes ayant produit les deux émissions musicales spéciales que les Québécois ont pu voir durant le week-end de la fête des Mères : « En direct de l’univers » (Radio-Canada) et « Une chance qu’on s’a » (TVA et Télé-Québec). « Les artistes et les artisans québécois ont à nouveau fait la démonstration de leur savoir-faire incomparable, de leur ingéniosité et de leur talent », constate pour sa part le professeur du Département de musique de l’UQAM, Danick Trottier.

    Un peu de réconfort musical «Une chance qu'on s'a».Photo: Télé-Québec

    Les Américains ont parti le bal des concerts virtuels, le 18 avril, avec « One World : Together at Home », qui réunissait des artistes tels que Taylor Swift, Billie Eilish, Paul McCartney, The Rolling Stones, Elton John, Jennifer Lopez et John Legend. Une semaine plus tard, les artistes canadiens offraient à leur tour le spectacle-bénéfice « Stronger Together, Tous Ensemble », auquel ont participé, entre autres, Marie-Mai, Céline Dion, Charlotte Cardin, Bryan Adams, Tom Cochrane, Sam Roberts et Shania Twain. « Hormis la situation de confinement qui ne permet pas à tous les participants de partager la même scène, ce type de spectacle où s’enchaînent les prestations musicales et les témoignages afin de recueillir des dons n’a pas beaucoup changé dans sa forme depuis le concert Live Aid, donné à l’été 1985 dans le but de lever des fonds pour soulager la famine éthiopienne », constate Danick Trottier.

    Le musicologue a écouté avec attention le spectacle qui était présenté aux États-Unis par Lady Gaga, ainsi que les deux productions québécoises des 9 et 10 mai derniers, qui mettaient en vedette plusieurs artistes d’ici comme Stéphanie Lapointe, Tire le Coyote, Ariane Moffatt, Marc Hervieux, Gildor Roy, 2 Frères, Ginette Reno, Claude Dubois, Gilles Vigneault, Fred Pellerin, Les Trois Accords, Radio Radio, Louis-Jean Cormier et Lara Fabian.

    « J’ai été frappé par le manque d’unité et de cohésion du spectacle américain, analyse-t-il. Bien sûr, c’était intéressant de voir les artistes chez eux, mais l’effet d’ensemble donnait l’impression d’un concert arrangé à la dernière minute, d’un collage approximatif. Et au niveau du son, c’était beaucoup trop variable. J’étais sidéré d’entendre la piètre qualité du micro de Paul McCartney ! »

    En comparaison, les deux émissions québécoises présentaient une unité télévisuelle, poursuit-il. « Il y a des équipes qui se sont déplacées pour fournir des équipements sonores de qualité, effectuer une prise de son, capter des images dignes de ce nom, et le tout était monté et réalisé de manière impeccable. »

    Des émotions même sans public

    Danick Trottier ne compte plus le nombre de fois où il a entendu des gens railler l’utilisation d’un public en studio. « Certaines personnes pensent que cela n’ajoute rien à une émission musicale, mais c’est faux. Comme téléspectateurs, nous nous identifions au public et c’est à travers ses réactions que nous ressentons l’ambiance et l’émotion que génèrent les artistes. »

    Pour pallier l’absence de public et insuffler une dose d’émotion à leur concept, les deux émissions spéciales ont misé sur des segments tournés hors du studio, où on allait à la rencontre des gens, notamment 10 mamans centenaires (« En direct de l’univers ») et des travailleurs des services essentiels (« Une chance qu’on s’a).

    Danick Trottier lève son chapeau à l’équipe d’« En direct de l’univers », qui a su toucher plusieurs cordes sensibles avec la thématique de la fête des Mères. « Voir la maman d’Ingrid St-Pierre chanter "L’amitié" de Françoise Hardy était réellement émouvant », souligne-t-il.

    Pour des chansons intégrales

    Au cours des dernières années, les medley sont devenus de plus en plus populaires. « Comme mélomane, je reste toujours sur ma faim, note Danick Trottier. Nous avons tellement de belles chansons, c’est dommage de ne pas les interpréter au complet. Voilà pourquoi je salue la décision de l’émission Une chance qu’on s’a, qui nous a offert des chansons intégrales, ou presque. »

    Danick Trottier dit aussi avoir beaucoup apprécié le grand concert virtuel du Metropolitan Opera de New York, dirigé par Yannick Nézet-Sguin le 25 avril dernier. « Le montage graphique était élaboré et la qualité sonore était au rendez-vous », analyse-t-il.

    Les répercussions de la pandémie

    Au-delà de leur aspect caritatif, les concerts télévisuels comme ceux du week-end dernier permettent de maintenir l’intérêt du public envers les artistes québécois. « Le concept a toutefois ses limites, observe Danick Trottier. D’abord parce que ce type d’événement est réservé aux artistes déjà connus, laissant en plan la majorité des musiciens québécois. Ensuite parce qu’on ne pourra pas produire un nombre infini de ce type d’émissions, car les règles d’hygiène et de distanciation physique compliquent grandement la tâche des équipes de production. »

    Il est probable que d’autres spectacles télévisuels musicaux soient organisés, notamment pour la fête des Pères, la Saint-Jean-Baptiste et la fête du Canada, observe Danick Trottier. « Je m’attends également à ce que TVA trouve une façon de terminer le tournage de "La Voix", mais il faudra avoir une pensée pour tous les musiciens qui n’auront pas la chance de se produire devant public avant longtemps. »

    Le milieu est réellement inquiet pour la suite des choses, indique le professeur. « Il y a présentement un paquet de musiciens et d’artistes qui n’ont plus aucun engagement pour les mois à venir », se désole-t-il. En temps normal, tous ces groupes peu connus et tous ces musiciens accompagnateurs (parmi lesquels de nombreux étudiants, diplômés et chargés de cours de l’UQAM, précise-t-il) profitent de la saison estivale pour engranger des revenus grâce aux festivals, aux mariages et autres événements corporatifs. « Pourront-ils se rattraper pendant la période des Fêtes ? C’est peu probable, et c’est d’autant plus triste que plusieurs d’entre eux ne sont pas éligibles à l’aide d’urgence, car ils n’ont pas eu suffisamment de revenus l’an dernier. À court terme, certains risquent de quitter le milieu. »

    Les limites du virtuel

    Les effets du confinement mettent en relief un enjeu qui existe depuis quelques années : comment susciter l’adhésion du public à une offre musicale payante sur le web ou à la télévision ? « La question se pose depuis la révolution numérique, note Danick Trottier. Le problème, c’est que les gens paient déjà pour leur accès Internet et/ou pour un service de câblodistribution. lls n’ont pas nécessairement envie de débourser davantage pour des concerts à la maison, qui ne suscitent pas autant d’émotions que lorsqu’on en partage l’expérience avec un plus large public. Bref, il y aura sans doute de belles initiatives au cours des prochaines années, tant sur le web qu’à la télé, mais je ne crois pas qu’on puisse remplacer l’expérience d’un spectacle en salle. »

    Article rédigé par Pierre-Etienne Caza

    Pierre-Etienne Caza est rédacteur pour le site Actualités UQAM. Il est détenteur d’un baccalauréat en études françaises (UQTR) et d’une maîtrise en études littéraires (UQAM). Il travaille à l’UQAM depuis 2001 et au Service des communications depuis 2005.

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