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    CONSEILS D’EXPERTS

    Vers une certification sans contact ?

    9 mai 2020, 07h03
         |      Article rédigé par Stéphane Goyette.

    Dès l’adolescence, j’avais mes petits rituels dans les salles de bain publiques, avec une séquence très précise pour ne pas me contaminer les mains en touchant aux robinets, distributeurs à savon, distributeurs mécaniques de papier à main, poignées de porte et j’en passe (je vous épargne les autres détails). Même chose pour ce qui est des autres poignées de porte publiques, que je m’efforçais de ne pas toucher à main nue en étirant mes manches de chandail ou de veste pour me couvrir les mains.

    Vers une certification sans contact ? Stéphane Goyette.Photo: Maxime Gousse

    Imaginez la difficulté, et l’angoisse, lorsque l’été (et les t-shirts) arrivait. Ceux qui me connaissaient et qui observaient mes élans un peu germophobiens s’inquiétaient sans doute (mais de manière sympathique et amicale, je vous rassure) de ma santé mentale et se demandaient si je n’avais pas, avec les années, développé une quelconque forme de TOC.

    Quand est survenu la pandémie H1N1 en 2009, et avec elle de nouveaux distributeurs électroniques de savon et de papier, de nouveaux sèche-mains plus puissants et l’enlèvement de certaines portes, et que des affiches dans les salles de bain publiques se sont mises à expliquer avec maints détails l’exact rituel auquel je me livrais depuis des lustres, je suis soudainement passé de légèrement timbré à avant-gardiste.

    Alors, depuis que la pandémie que nous vivons est arrivée, vous pouvez imaginer mon angoisse. Ma hantise d’être contaminé par un objet ou une personne avec qui j’ai été en contact ou, pire encore, dont j’ai été exposé aux gouttelettes, est devenue une réalité. Mes passages dans des lieux publics où la distanciation de deux mètres est souvent relative et un contact obligé avec un objet louche me mènent directement en enfer.

    Bien que j’aie considérablement augmenté mes achats en ligne au cours des dernières années, je n’avais encore jamais une seule fois commandé d’épicerie en ligne, jugeant l’exercice long et fastidieux. Aussi, quand j’ai voulu la faire de cette façon et que les délais de livraison (conséquence de l’explosion aussi soudaine qu’inattendue de la demande) ou pour emporter étaient de 2 à 7 jours, je me suis résolu à faire mes courses à mon épicerie de quartier. Muni de mes gants chirurgicaux — et maintenant de mon masque —, je me suis attelé à cet effort de guerre au profit de mes nombreuses bouches à nourrir. Fort heureusement, mon épicier venait de se doter de lecteurs autonomes de code-barres et je m’en suis prévalu avec plaisir, évitant ainsi de me présenter devant une caissière (au péril de nos vies respectives) et un emballeur qui toucheraient tous les deux à mes articles et mes sacs. Premier irritant, j’ai dû sortir mon téléphone (ça aurait pu être une carte de plastique, tirée de mon portefeuille, que j’aurais aussi touchée) pour scanner mon code-barres de membre et ainsi risquer de contaminer mes gants – même si, à la sortie, je dois quand même toucher un écran tactile et les touches d’un terminal de comptoir pour y inscrire mon PIN afin de conclure la transaction si j’achète pour plus de 100 $. Pire, j’ai dû courir après un préposé pour lui demander de désinfecter mon scanneur. Je me suis mis à rêver aux modèles d’Amazon Go qui me permettraient de scanner mes produits et payer moi-même au seul moyen de mon téléphone et de leur application, et sortir du magasin sans passer devant une caissière et un emballeur ou une caisse libre-service. Au moment de déposer dans mon panier une pomme de laitue que j’aurais dû peser et étiqueter préalablement, j’ai aperçu du coin de l’oeil — changement de priorités oblige — une laitue sous emballage plastique (chose pourtant honnie il y a quelques semaines à peine pour son impact environnemental) qui m’a aussitôt rassuré quand je me suis dit que la main d’aucun client ou préposé aux étalages n’y avait touché. Mais je me suis aussitôt mis à penser à toute la chaîne de mains qui avaient pu y avoir touché (et comme nous nous improvisons tous épidémiologistes par les temps qui courent) et demandé combien de jours le virus Covid-19 avait pu survivre sur cette laitue, depuis la cueillette dans un champ (à quand une utilisation massive de robots dans les champs ?) ou plus probablement dans une serre, jusqu’à leur destination finale sur étalage en magasin. Et si j’avais commandé en ligne, combien de mains auraient préparé ma commande, manipulé mes articles, les auraient déposés dans des boîtes avant leur livraison par un livreur, qui sera finalement le dernier à toucher à la boîte, probablement après avoir sonné (et touché) à ma porte ?

    De quelques illuminés que nous étions il y a quelques années, nous sommes maintenant des millions à rechercher une certaine garantie « sans contact » tout au long de la chaîne de production, d’approvisionnement et de livraison jusqu’à notre table, qui puisse nous rassurer ou faire baisser un tant soit peu notre niveau d’anxiété. Serait-ce là un simple phénomène passager ou plutôt le grand coup d’accélérateur à la robotisation et à l’automatisation qu’on attendait et justifiait autrefois qu’en invoquant seulement l’amélioration de la productivité ou la pénurie de main-d’œuvre ? Avec la mondialisation, les crises, majeures ou isolées (salmonelle, etc.), ne risquent-elles pas de se répéter, de se multiplier ? Serais-je rassuré si un petit sceau me garantissait qu’aucune main nue n’a touché à l’article que je m’apprête à acheter ? Sommes-nous condamnés à vivre, paradoxalement, dans un environnement de plus en plus aseptisé ?

    Sur ce, je vous laisse, je dois nettoyer le clavier de mon ordi avec une lingette désinfectante...

    Stéphane Goyette

    Comptant plus de 35 ans de carrière, Stéphane Goyette a occupé au sein d’organisations nationales et internationales des postes de haute direction, dont ceux de président, vice-président exécutif, vice-président, numérique et marketing. Il dirige l’entreprise-conseil FFWD.

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