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    Jean-Gabriel Ganascia, spécialiste français de l’intelligence artificielle, soulève des questions éthiques

    28 février 2020, 07h30
         |      Article rédigé par Sophie Bernard.

    Poussé par ses parents à faire des études dites sérieuses, Jean-Gabriel Ganascia a donc suivi une formation en ingénierie, sans mettre de côté sa passion pour la philosophie. En 1983, il soutient une thèse de docteur ingénieur à l’Université d’Orsay sur les systèmes à base de connaissances, puis, en 1987, une thèse d’État sur l’apprentissage symbolique automatique. Aujourd’hui, il occupe un poste de professeur d’informatique à la faculté des sciences de Sorbonne Université, et poursuit ses recherches au LIP6 où il dirige l’équipe de recherche ACASA (Agents Cognitifs et Apprentissage Symbolique Automatique). Véritable pionnier de l’intelligence artificielle en France, il sera de passage à Montréal dans le cadre de MTL Connecte : La Semaine numérique de Montréal.

    Jean-Gabriel Ganascia, spécialiste français de l’intelligence artificielle, soulève des questions éthiques Jean-Gabriel Ganascia.Photo: Courtoisie

    Comme il était à peu près le seul spécialiste de l’intelligence artificielle de l’Hexagone dans les années 1980, Jean-Gabriel Ganascia a souvent agi à titre de consultant et de chargé de mission. En 1993, il crée et dirige le Programme de Recherches Coordonnées « Sciences Cognitives » pour le compte du ministère de la Recherche, puis, de 1995 à 2000, le Groupement d’Intérêt Scientifique « Sciences de la cognition » (ministère de la recherche, Centre national de la recherche scientifique, CEA, Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique, Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité).

    « Le neurobiologiste Jean-Pierre Changeux avait écrit un rapport pour le gouvernement sur les sciences cognitives, raconte Jean-Gabriel Ganascia. J’étais jeune et inconsidéré et j’ai critiqué certains éléments de ce rapport. Le gouvernement m’a donc offert de diriger le Programme de Recherches Coordonnées Sciences Cognitives. Puis le gouvernement a changé et on m’a demandé de diriger le Groupement d’Intérêt Scientifique Sciences de la cognition. Vers 2000, j’ai eu envie de me remettre à mes travaux. » Deux aspects spécifiques l’intéressaient, d’abord l’aspect éthique de l’intelligence artificielle et la littérature, développant un outil logiciel permettant de faire de la génétique textuelle.

    Lorsqu’on lui demande dans quel domaine l’intelligence artificielle a le plus d’intérêt actuellement, le chercheur répond : « Dans quel domaine n’aurait-elle pas d’intérêt ? Elle peut apporter une contribution dans la plupart des sphères. Nous vivons dans un monde numérisé. Les capteurs sont de plus en plus disséminés, donc on récolte des données considérables. » L’intelligence artificielle va transformer la biologie, mais aussi la culture, pense-t-il. La numérisation des données va aider à mieux comprendre.

    Sans évacuer l’importance de l’IA en santé, Jean-Gabriel Ganascia estime qu’elle peut jouer un rôle extrêmement important pour la culture. S’inspirant de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), qui a pour mission de développer l’esprit de défense et de sensibiliser aux questions internationales, le ministre de la Culture a sollicité Jean-Gabriel Ganascia pour qu’il préside le Cycle des Hautes Études de la Culture (CHEC). Créé en 2019, cet institut vise le triple objectif de décloisonnement, de partage, et de renouvellement des approches. Il veut permettre aux auditeurs de construire une vision stratégique, débattue et partagée sur les grands enjeux des politiques culturelles face aux mutations contemporaines. Le lancement de la première session annuelle a eu lieu le 12 septembre 2019. L’appel à candidatures pour la session 2020-2021 sera ouvert en mars 2020.

    L’intelligence artificielle, au-delà de la culture, est là pour le meilleur et pour le pire, avance le chercheur. Aujourd’hui, l’accès à la culture se fait par des algorithmes de recommandation. Les prescripteurs qui faisaient auparavant découvrir les oeuvres ont été remplacés par des machines. « Ce faisant, on réduit l’objet culturel à un objet de consommation, affirme Jean-Gabriel Ganascia. Auparavant, les prescripteurs nous sortaient de notre zone de confort ; avec les algorithmes, c’est l’inverse. Heureusement, il arrive que le numérique n’ait pas toujours un rôle négatif. Je pense à ce qui se passe sur YouTube où des personnalités deviennent des prescripteurs sur des segments étroits, par exemple sur des bandes dessinées ou sur de la musique. »

    Très intéressé par les questions d’éthique en IA, Jean-Gabriel Ganascia connaît bien la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’intelligence artificielle. La première question à se poser est de voir les liens entre l’éthique et l’IA. « Je crois que, dans notre société, l’intelligence artificielle transforme les relations humaines, dit-il. Par exemple, l’amitié se réécrit sur les réseaux sociaux : on clique pour accepter d’appartenir au réseau d’amis d’une personne, même si la relation d’affinité particulière que l’on entretient avec cette personne s’avère très ténue. Et, cette amitié nouvelle influe en retour l’amitié traditionnelle : on ne prend plus la peine de téléphoner pour parler à nos vrais amis, car nous avons de leurs nouvelles sur les réseaux et qu’apparemment, ils vont bien... »

    Il donne d’autres exemples de relations humaines transformées par le numérique. Rappelant la chanson « La mauvaise réputation », de Georges Brassens, il se demande s’il s’agit toujours aujourd’hui de la même réputation que l’on calcule avec crédit social en Chine. Dans un ordre d’idée analogue, la confiance aujourd’hui, à l’heure de la blockchain, est-elle identique à la confiance établie en topant ?

    À cela, on doit ajouter que les principes éthiques se révèlent souvent contradictoires. La protection de la vie privée et la transparence auxquelles tous aspirent sont antinomiques. De même, toute politique inclusive s’avère en même temps discriminatoire. « On a affaire, chaque fois, à des tensions, note-t-il. Comment va-t-on gérer ces conflits ? Et il ne s’agit pas juste de régulations. Avant, le pouvoir de censure appartenait aux états ; aujourd’hui, les réseaux sociaux sont en train de prendre ce rôle. Je ne souhaiterais pas que ce soit les géants de l’Internet qui décident de ce qui est acceptable et de ce que ne l’est pas. » Facebook, rappelle-t-il, a censuré « L’origine du monde » de Gustave Courbet, une peinture qui, en France, relève de l’ordre artistique.

    Jean-Gabriel Ganascia abordera justement la question de l’éthique pendant sa présentation à MTL Connecte : La Semaine numérique de Montréal, sujet qui l’intéresse depuis de nombreuses années. « On parle beaucoup de dispositifs autonomes, mais qu’entend-on au juste par là ? Cela mérite une discussion. Si une voiture était vraiment autonome, au sens propre du terme, lorsqu’on lui demande de nous conduire à la piscine, elle risquerait de nous répondre : Non, j’ai vu que tu avais des problèmes de dents, j’ai donc pris un rendez-vous pour toi chez le dentiste et je t’y amène. Je crois que l’on préfèrera toujours des voitures automatiques, qui nous obéissent, à des voitures autonomes qui n’en font qu’à leur tête. »

    Le spécialiste en intelligence artificielle écrit aussi des romans. Sous le pseudonyme Gabriel Naëj, il a publié « Ce matin, maman a été téléchargée » dans lequel il se penche sur la singularité technologique et sur tous les excès qu’elle entraînera en racontant l’histoire d’une mère qui va mourir et qui décide de télécharger sa conscience dans le nuage pour se réincarner dans un robot sexuel.

    Cet article sera intégré à la prochaine mise à jour du Guide de l’industrie :: INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, un ouvrage de référence unique pour comprendre les rouages de l’industrie québécoise de l’intelligence artificielle : ses entreprises, ses personnalités, les grands centres de recherche, les processus, les marchés, les considérations économiques, éthiques, ses forces et les défis qui l’animent.

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