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    Le « circadémicien » de Concordia, Joe Culpepper, explore de nouvelles façons d’expérimenter la magie

    23 février 2019, 00h00

    Joe Culpepper, qui se décrit à la blague comme un « circadémicien », a entrepris en janvier un stage de recherche industrielle postdoctorale grâce à une bourse MITACS Élévation assortie d’un financement de contrepartie du Cirque du Soleil. Il se consacrera pendant deux ans à l’élaboration de trois nouveaux prototypes d’appareils hybrides de cirque et de magie.

    Le « circadémicien » de Concordia, Joe Culpepper, explore de nouvelles façons  d’expérimenter la magie Joe Culpepper.Photo: Elias Touil

    Le boursier mènera ses travaux en partie au C:Lab – laboratoire de recherche-développement du Cirque du Soleil – et en partie à Concordia.

    Joe Culpepper travaillera également avec des artistes du cirque à la création d’un nouveau vocabulaire pour décrire l’emploi de ces appareils sur scène, par exemple les mouvements à exécuter. « Ce sont de nouvelles pièces d’équipement, et elles sont donc manipulées différemment des dispositifs circassiens classiques », explique Joe Culpepper.

    Joe Culpepper a découvert l’attrait de la magie à 14 ans, quand le garçon qui allait devenir son meilleur ami lui a montré un tour de cartes, puis a refusé de lui dire comment il avait fait. Le jeune Culpepper se rend alors au magasin local d’accessoires de magie, dans sa ville natale de Sacramento, en Californie. Le propriétaire de la boutique, Steve Johnson, lui enseigne un tour de cartes simple pour débutant, lui promettant de lui en apprendre d’autres une fois celui-là maîtrisé. Cette expérience est le début d’une longue histoire d’amour avec la magie qui l’amène à faire carrière comme magicien, chercheur en art du spectacle et conseiller en magie.

    « J’ai eu beaucoup de chance de tomber sur une boutique de magie où le personnel ne se contentait pas de me vendre des choses pour faire du profit, mais se donnait la peine de m’enseigner des rudiments afin que je progresse et que je pratique cet art de plus en plus sérieusement », explique-t-il.

    « Mon meilleur ami et moi avons d’abord présenté nos numéros de magie lors de fêtes d’enfants, puis devant des adultes. En vieillissant, j’ai commencé à donner des spectacles à titre professionnel. »

    Son directeur de recherche postdoctorale, Louis Patrick Leroux – professeur d’études anglaises et vice-doyen à la recherche à la Faculté des arts et des sciences – a aussi joué un rôle déterminant dans l’établissement d’un programme d’études et de recherche sur le cirque contemporain à Montréal. « Joe Culpepper explore de nouvelles façons de concevoir, de pratiquer et de consommer la magie », résume le professeur Leroux.

    Montréal, pôle de l’industrie multimilliardaire du cirque au Québec et siège de prestigieux établissements comme l’École nationale de cirque (ÉNC) et le Cirque du Soleil, est certainement l’endroit le plus propice aux travaux de Joe Culpepper. Et comme le fait remarquer Louis Patrick Leroux, Concordia est par ailleurs un creuset idéal pour de telles recherches.

    « Dans mon esprit, il n’y a que Concordia pour accueillir ce type de projet d’études postdoctorales. Réfléchissez un instant aux travaux de Joe Culpepper – c’est un amalgame entre art et industrie, une incursion dans la sphère des arts de la prestidigitation d’un point de vue littéraire, mais aussi une spectaculaire démonstration d’habiletés hors du commun, poursuit-il. Concordia est devenue un endroit où artistes, universitaires et gens de l’industrie peuvent se réunir et collaborer à des projets. »

    Un travail de funambule

    Joe Culpepper s’établit à Montréal en 2014 après avoir obtenu son doctorat à l’Université de Toronto, où sa thèse en littérature comparative porte sur l’adaptation des effets de magie dans divers contextes de narration – par exemple les différences entre faire l’expérience de la magie en lisant un livre, en regardant un écran ou en assistant en personne à un spectacle. À son arrivée dans la métropole québécoise, Joe Culpepper cherche une façon de poursuivre ses travaux en magie expérimentale.

    Cette occasion, il la trouve au Centre de recherche, d’innovation et de transfert en arts du cirque (CRITAC) de l’ÉNC, où il devient attaché de recherche et enseignant. Au centre, il innove et expérimente en collaboration avec Patrice Aubertin, titulaire de la Chaire de recherche industrielle dans les collèges du CRSH en arts du cirque.

    Établissement d’enseignement subventionné par l’État et décernant des diplômes en arts du cirque, l’ÉNC s’est imposé naturellement pour Joe Culpepper. « C’était un endroit où les genres de projets auxquels je m’intéresse pouvaient se concrétiser, et où je pouvais tisser des liens dans ce milieu et dans l’industrie du cirque », se souvient-il.

    Aux dires de Louis Patrick Leroux, les travaux de Joe Culpepper commencent à attirer l’attention au sein de l’industrie. « Joe Culpepper s’attache à construire des choses et à manipuler des objets, observe-t-il. Son art de la prestidigitation n’est pas théorique, il est très ancré dans l’expérience. »

    « Tandis qu’il mettait au point des dispositifs de magie de plus en plus intrigants et nuancés au CRITAC, d’autres initiés se sont mis à s’intéresser sérieusement à ce qu’il faisait et à rechercher des occasions de travailler avec lui. »

    Louis Patrick Leroux décrit la magie expérimentale de Joe Culpepper comme un travail de funambule, en équilibre entre le cirque classique et la magie nouvelle. C’est une « forme de manipulation subtile et artistique de l’objet », qui puise ses origines en France et qui se caractérise par des moments inattendus, lesquels amènent l’observateur à mettre en doute ce qu’il voit.

    Des atomes crochus

    Joe Culpepper et Louis Patrick Leroux ont fait connaissance il y a plusieurs années, lors d’un colloque universitaire. Ils sont demeurés en contact par la suite et ont collaboré à de multiples occasions, notamment au sein du Groupe de travail de Montréal sur le cirque, un rassemblement de chercheurs spécialistes des arts du cirque.

    « Chacun de nous s’intéresse depuis des années aux travaux que l’autre mène, affirme Joe Culpepper. Je me considère très privilégié de pouvoir poursuivre mes recherches comme boursier postdoctoral sous la direction de quelqu’un avec qui j’ai entretenu des échanges substantiels et suivis, et dont je respecte énormément le travail. »

    Pour Louis Patrick Leroux, comme il avait déjà supervisé des projets de recherche axés sur le cirque et que son collègue et lui ont des atomes crochus, il lui semblait tout naturel de diriger les travaux de Joe Culpepper. Selon ce dernier, qui exerce encore son art de magicien, les gens ne réalisent pas toute la valeur que présente l’étude de la magie. « Les applications de l’histoire de la magie dans d’autres champs de connaissances commencent à peine à être mieux comprises en contexte universitaire, précise-t-il. Par exemple les spectacles et l’illusionnisme sur scène au 19e et au 20e siècle, sont les sujets particuliers des cours qu’il donne à Concordia. À l’époque, les magiciens qui s’exécutaient sur scène repoussaient les limites des nouvelles technologies optiques, notamment par leur usage des miroirs et des toutes premières techniques cinématographiques. Les magiciens ont compté parmi les premiers distributeurs de films. » Et il existe bien d’autres exemples comme celui-là.

    « Les racines de la magie remontent jusqu’au chamanisme. Très tôt dans l’histoire, le chaman cumulait la fonction sociale du guide spirituel, l’expertise du médecin et le talent de l’artiste de spectacle, explique le chercheur. C’est en raison de ces liens très anciens que la recherche sur la magie a son importance en psychologie, en chimie et dans d’autres sciences. »

    « La magie telle qu’elle s’exerce sur scène mise sur les idées que nous nous faisons de la religion et des systèmes conçus pour nous aider à composer avec les mystères de l’existence humaine. Elle représente une facette profonde et peu étudiée de l’histoire humaine. »

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