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    [Opinion]

    La décision du CRTC vue d’un point de vue multimédia, une analyse de Jean-Paul Thomin

    29 mars 2010, 00h00
         |      Article rédigé par Jean Paul Thomin.

    La décision récente prise par le CRTC concernant les redevances éventuelles aux télédiffuseurs traditionnels pourrait signaler la formation d’une tempête parfaite pour le Québec. L’érosion du marché de la télévision, en termes de publics et en termes de revenus publicitaires, ne s’est jamais traduite par un transfert vers le Web québécois. Et pour cause.

    Faute de soutien de la part de l’État québécois, le Québec multimédia n’a jamais produit de contenu d’une manière systématique pour le Web et la nature ayant horreur du vide, ses internautes ont appris depuis longtemps à aller voir ailleurs si leur compte y est. Cette tendance de fonds porte un nom : de l’émigration virtuelle. Qui se traduit par des conséquences financières très concrète : près de la moitié des achats québécois sur Internet se font aux États-Unis ; la pointe d’un iceberg si l’on considère que depuis 10 ans, les entreprises américaines ont appris à coller un .ca sur la facade de leur tiroir-caisse et que les relevés statistiques ne tiennent pas compte de cette réalité.

    Il a souvent été dit que culture forte et économie forte allaient de pair. Pour le Québec plus que pour n’importe quelle autre région de l’Occident, le multimédia illustre dramatiquement la justesse de cet axiome. Pour l’identité québécoise, la télévision a longtemps constituée un château-fort. Que le Web menace désormais ; par son pouvoir d’attraction, par sa structure d’usage en niches de publics bien définies. Et parce que le Web multimédia québécois n’est pas assez présent ni structuré pour assurer que le transfert des usagers de la télévision vers Internet se fasse sur des contenus d’ici. Pourtant le Web est beaucoup plus qu’un marché pour la vidéo en-ligne. Beaucoup plus qu’un marché publicitaire. Non seulement le multimédia sur Internet intègre contenu et publicité mais il y joint également les transactions commerciales et financières. Le contenu Web a la nationalité de ses éditeurs, de ses annonceurs, et de ses commerces. Le québécois sur YouTube se trouve virtuellement aux USA. Avec toutes les conséquences au niveau des habitudes de consommation au sens large que cela peut entraîner.

    Le Québec face au Web a toujours constitué une société a deux vitesses : une société civile branchée, et un appareil étatique déconnectée, incapable de comprendre les réalités du multimédia. La nature on le sait, a le vide en horreur. Et la nature du Web adore la multiplicité : contenus, publicité, transactions, informations ; tout et partout arrive en un ou deux clics. Et les québécois aiment profiter des avantages de cette multiplicité d’apparence anonyme où la finalité des transactions commerciales se cache derrière un .com ou un .tv.

    Personne ne peut nier que depuis au moins 15 ans, le web a profondément influencé chaque société. Cette fois-ci, de nouveaux changements se préparent au Québec. Et les résultats éventuels ne se feront pas attendre 15 ans. Si la décision du CRTC se concrétise par une nouvelle hausse du prix du câble, l’érosion inéluctable du marché télévisuel va s’accélérer, le consommateur migrant du câble vers le Web. Les diffuseurs vont en souffrir. Les producteurs télé vont en souffrir davantage. Mais dans un délai de 3 à 5 ans, l’économie québécoise risque d’en pâtir très sévèrement et la culture, au moins du point de vue de l’identité francophone, de ne jamais s’en remettre.


    Jean-Paul Thomin suit l’évolution des contenus sur le web depuis 1993. Il a lui-même participé de près à la création des premiers contenus de fiction Web francophones au cours des années 90 et a produit le premier film long métrage réalisé pour le Web, Ombres et Tango, au tournant des années 2000. Depuis une douzaine d’années, il analyse l’économie des contenus sur Internet et oeuvre dans la mise en marché sur les plateformes numériques.

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