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    [Blogue - cinéma]

    « Tout est parfait » de Yves Christian Fournier

    14 février 2008, 10h40
         |      Article rédigé par Alexis Gagnon.

    Trois suicides en sept minutes. Ou quelque chose comme. Canon dans la bouche, pendaison artisanale, puis ce corps allant au fil de l’eau... De ce pacte mortel entre ados émerge un survivant hébété : Josh. Ses meilleurs amis sont sous la terre et, lui, il promène une tête de déterré. On le suivra partout, entre les casiers de l’école, dans les champs, au fond des carrières, sur des rues qui ne sont ni ville ni campagne. Rupture avec l’école, les parents ; un non catégorique. On le suivra jusqu’au seuil de l’autre monde, jusqu’à la révélation de sa faiblesse-force (ne pas vouloir mourir).




    Maxime Dumontier et Chloé Bourgeois. Photo : Alliance Films.


    Des qualités indéniables dans « Tout est parfait », premier long métrage de Yves Christian Fournier (Go Films). Et autant de travers à déplorer. Résultat mitigé.

    Un récit plutôt bien, surtout avec la perspective que l’on donne vers la marque des quatre cinquièmes. Errance, désaffection, un climat qui s’alourdit, progressant vers le dévoilement d’une vérité douloureuse. Quelque chose d’intimement lié au fait d’avoir 15, 16, ou 17 ans, balaie ce film et l’emporte au-dessus du lot habituel... Le potentiel de mort, de maladie mentale et d’obscurcissement chronique qui réside, caché, derrière la vitalité de l’adolescence, est rendu, très juste, dans plusieurs des scènes du film. Réussite pas banale. Qui tient à un casting fait avec flair pour les jeunes personnages, à des dialogues beaucoup plus réalistes que ce qui nous est ordinairement servi (quand même dommage d’entendre une aussi grande quantité d’anglicismes), à des lieux de tournage offrant à la désorientation générale du personnage principal une profondeur de champ de plusieurs encâblures. Les postes créatifs périphériques sont solidement assurés.

    Fort de toutes ces réussites, le film est toutefois freiné par des éléments importuns.

    Yves Christian Fournier nous fait avancer dans un paysage anonyme, dénudé, où l’on aperçoit des petits paumés pouvant sortir d’un roman de Genet ou d’un film d’Alan Clarke ; les veines punk et goth s’ouvrent, la mort respire à travers la jeunesse... mais on n’y reste pas. Ça se dégonfle. Le romantisme y est pour quelque chose ; il n’a rien à faire ici mais il fait vite tache d’huile. Boy-meets-girl magnifié, prenant en otage le récit. On perd beaucoup de souffle dans ces séquences d’étreinte garçon-fille montées au son de ritournelles complaisantes. Dommage ! Un glaçage de sensiblerie est appliqué à trop d’endroits. Le visage de Josh reste impassible tout au long de l’histoire mais la corde émotive est insistante, soutenue par la musique, d’abord, et par certains artifices de réalisation. On perd dans la foulée une part de mystère, d’obscur et de mort. La sève hard core est diluée par un sirop générique. Le climat de tristesse est à de nombreux moments trop appuyé, celle-ci est forcément annulée, entre autres durant ces scènes où la mère de Sacha apparaît. La nomenclature de flashbacks, qui devient très lourde à porter, serait aussi à blâmer. Ajoutons que les personnages adultes ne sont pas tous au point. Le soldat et le golfeur alcoolique, frère et père de Thomas, sont les mieux façonnés, même si on fait trop parler le second. Les autres adultes sont peu définis et souvent confinés dans des postures simplistes.

    En ouverture des Rendez-vous du cinéma québécois 2008, jeudi soir 14 février, et à l’affiche dès vendredi (à Ex-Centris, notamment). À noter que le film est précédé d’un court métrage d’animation, « Hungu », une production ONF réalisée par Nicolas Brault. Très beau, formidable par la délicatesse et la simplicité du dessin, rupestre et hors du temps, enveloppé d’une bande-son scintillante.

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