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Confession d’une grenouille devenue facteur...
Sylvain Carle, ex-PTM, avait la bouche pleine de références au commerce électronique, lors de son départ pour la Silicon Valley, l’année passée. Depuis son retour, en janvier, son discours a changé; ce dernier est devenu un adepte de la messagerie livrée de toutes les façons. L’e-business gourou est devenu «maître-postier», chez Messagia, en tant que VP technologie; le Lien multimédia a voulu en savoir plus...
Sylvain Carle, un sacré personnage, quand on connaît son passé chez Public Technologie Multimedia (aujourd’hui monmannequinvirtuel.com), où il s’est hissé du poste d’intégrateur Web à celui de directeur général des solutions interactives, en moins de trois ans. Et que dire du titre qu’il se donne sur son CV, ainsi que son adresse de courrier électronique: E-Business Guru... Prétentieux, le mec... ou complètement allumé? «Mon titre de Guru, c'est une blague, du marketing et de la chance. Lorsque j'ai décidé de me trouver un nouvel emploi après mes trois ans chez PTM, j'ai décidé de prendre une adresse sur Yahoo! Puisque je baignais dans le commerce électronique par dessus les oreilles et que je ne voulais pas me confiner au commerce, j'ai inscrit le surnom ebusiness_guru, lors de mon inscription. C'était disponible et c'est resté depuis. C'est aussi du marketing personnel, pas institutionnel», corrige Sylvain Carle. On est rassuré, il n’est pas trop prétentieux! Aussi, «je trouve que ça rejoint la mythologie de Superman et de Clark Kent. Le mot gourou, c'est parce que j'ai une âme de communicateur. Je tripe à lire, écrire, discuter, enseigner, apprendre», ajoute-t-il. Allumé, disions-nous? Probablement, mais ça, il faut qu’on le soit tous pour bâtir nos entreprises sur des électrons, non? Après avoir fait un saut de sept mois chez Vistatrak, en Californie, Sylvain Carle est revenu transformé, en pleine débandade des .com, d’un océan à l’autre: «Je ne sais pas si c’est la trentaine qui se pointe; j'ai 28 ans... J'ai le goût de m'impliquer ici, travailler avec d'autres entrepreneurs, se donner un coup de main, construire le Québec de demain. J'ai trois enfants, je veux leur laisser un héritage culturel, intellectuel et spirituel. Pas dans le sens «patrimoine» du terme, car je ne crois pas aux grosses institutions. C'est pour ça que j'aime les starts-up. Pas de bullshit. Tu livres ou tu fermes. J'aimerais laisser ce pragmatisme et ce focus à ceux qui m'entourent. Et si tu le fais pour l'argent tu te trompes...», dit-il, convaincu. Son pèlerinage en Californie, c’était un passage obligé: «Aller dans la Silicone Valley, c'était les ligues majeures. Il y a deux ans chez PTM, nous avions battu en pitch Organic Online et quatre autres firmes américaines pour le compte de Fingerhut. C'était comme battre les Canadiens de Montréal pour la Coupe Stanley. Cependant, je voulais pas seulement battre les Américains, je voulais me prouver que j'étais meilleur, sinon aussi bon qu’eux. Je suis revenu grandi et convaincu qu’on a pas besoin d'être à San Francisco ou à New York pour réussir». Ce dernier a passé plusieurs entrevues pour des postes de direction: «à voir ces entreprises de près, c'était assez épeurant. J'avais presque plus de questions que les gens qui me passaient en entrevue. Quelle mauvaise gestion! J'ai refusé des offres pas mal payantes, mais pour rien au monde, je me serais embarqué dans ces bateaux-là! Il y avait déjà six pouces d'eau, si tu vois ce que je veux dire», confie-t-il. «Mon passage là-bas, ça m'a peut-être juste appris que les Américains ne sont pas des superhéros extraterrestres. Ils sont pareils, ils ont des maisons (coûteuses, par contre), des bagnoles, ils polluent et ils rigolent. Maintenant, je suis férocement attaché à Montréal et je suis obsédé par Messagia», déclare Sylvain Carle, qui est revenu au bercail pour se joindre à l’équipe de Paul Verdi, Éric Laporte et Daniel Côté qui ont mis sur pied Messagia, développeur de solutions pour la messagerie numérique. «Je m'occupe de trois grandes catégories: l'infrastructure, le développement de produits et l'ingénierie logicielle. C'est le mixte parfait pour moi : business, communication, technologie et gestion», explique-t-il. Le meilleur des mondes... branchés Sylvain Carl est maintenant le maître-postier chez Messagia. Le phantasme de ses collègues est de révolutionner les méthodes de communications entre les entreprises et leurs clients. «Hum, phantasme, c'est un peu fort pour moi », rajuste-t-il. «Je dirais plutôt que je tripe à connecter des choses ensemble. Des idées, des machines, des logiciels. Je suis un intégrateur dans l'âme. Je veux faciliter l'échange entre les gens. Entre les compagnies et leurs clients. Je suis très critique des outils de communication. Ça doit être puissant, mais facile» suggère-t-il, en répondant à ces questions au creux de son lit sur son ordinateur portable. Cet aficionado des nouvelles technologies émet certains doutes au sujet de la tendance actuelle qui est de vouloir tout brancher sur Internet: «ce que j'ai vu jusqu’à maintenant, les appareils Internet, les frigos numériques, oubliez ça. Il y a des millions de VHS qui flashent dans le monde... Je crois qu’on va vers une connectivité accrue, mais avant de la maximiser, il faut accroître son humanité... et ça c'est difficile. Par exemple, avez-vous déjà essayé de taper un URL normal sur un clavier de cellulaire? Mon oeil, l'internet sur les mobiles», s’irrite-t-il. «Les portails vocaux, c'est plus prometteur, mais ma vision, c'est que ma femme prenne le téléphone, compose mon numéro, que mon système de communication sache que je ne suis pas disponible et lui offre l'option de me laisser un message vocal qui sera transformé en texte et le redirige sur mon blackberry, afin que je puisse le lire quand j’aurai le temps», rêve l’infomane et ajoute: «avec Messagia, on explore cet univers, celui où l'émetteur, le récepteur et le message sont au centre. Pas les outils, ni les protocoles ou la technologie. Je suis un freak de technologies comme moyen, pas comme but. J'ai grandi avec les ordinateurs, mais c'est au cégep, en voulant faire un nouveau journal étudiant que j'ai découvert les ordinateurs comme outils de communication». blog! fit la grenouille... À l’ombre des pages personnelles qui sont toujours aussi bourrées d’images, de photos et d’animations inutiles, depuis deux ans, les blogs (une contraction du terme weblogs) prennent de l’expansion sur le web, dans un style beaucoup plus épuré, où les auteurs affichent leurs coups de gueule, de bonnes adresses et des réflexions, selon leur humeur, au fil des semaines, des jours, des heures. Un curieux mixte entre le journal personnel et le babillard. En partant pour la Californie, Sylvain Carle a démarré le sien, A Frog in the Valley, où il fait part de ses découvertes dans les TI. Un blog qu’il a conçu, entre autres, pour ne pas perdre son français: «ça paraît niaiseux, mais puisque la plupart des spécifications fonctionnelles ou techniques que j'ai dû écrire dans les cinq dernières années étaient en anglais, j'ai aujourd'hui beaucoup de difficulté à écrire ce genre de document en français», confie-t-il. Se trouvant un peu trop actif sur la liste de discussion Saami, il a décidé de créer sa propre tribune, «un CB, une radio-pirate», comme il se plaît à penser. Sylvain Carle explique qu’un «blog, c'est imbibé de la personnalité de ceux qui écrivent. C'est continu et chronologique. Tout est archivé en général. Ça grandit toujours. Et puis, le focus d'un blog, c'est l'écriture, les idées, les opinions... C'est une tribune, un endroit d'échange. Et l’un des phénomènes les plus intéressants des blogs, ce sont les hyperliens. Tu en lis un qui te réfère un autre dans la même veine ou thématique ou complètement différent». C’est surtout l’âme derrière cet ensemble de pensées télégraphiées qui l’intéresse: «je me souviens du jour où mon blog a commencé à être mentionné sur la page principale de scripting.com (le weblog de Dave Winer de Userland, un pionnier du genre). Quel choc! Je lis ce gars-là, depuis quatre ans, presque chaque jour. J'ai l'impression de le connaître comme un ami. Un jour, je lui ai posé une question, Il a ensuite visité mon weblog, l'a aimé et a fait un lien. That's it. C'est l’un des principaux aspects des weblogs; il y'a quelqu'un derrière! C'est pas info@unecompagnie.com, c'est quelqu'un» Et l’intégrateur dans l’âme, pense-t-il que les blogs sont transférables sur PDA ou sur cellulaires? «Ça dépend. Si je peux parler dans mon cellulaire et que ça poste des snippets de voix qui sont archivées sur un site Web que les gens peuvent visiter avec un PC ou un cellulaire, oui... Cependant, si tu penses que je crois qu'on peut taper plus que trois mots avec trois lettres par touches sur un clavier de mobile ou lire quatre paragraphes là-dessus, non! Tu veux vraiment dépenser tes minutes de cellulaire pour lire ton horoscope? Quatre lignes de 20 caractères à la fois? Je reçois les nouvelles du New-York Times dans mon courriel et je les lis en diagonale, un jour sur deux... Comment est-ce que je vais trouver le temps de lire la critique du dernier téléroman de TVA sur mon cellulaire? Par contre, prendre une note rapide sur mon Palm et le rediriger simultanément sur un site public, ça c'est intéressant. On va vers le concept des desktop websites, un endroit privé d'écriture et de réflexion qui se met à jour dans un endroit publique ou commun... La gestion de l'économie du savoir, ça passe par là! [JFP]
Article mis en ligne le 27 février 2001
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 Sylvain Carle, un aficionado des nouvelles technologies doute de la tendance à vouloir tout brancher sur Internet: «ce que j'ai vu jusqu’à maintenant, les appareils Internet, les frigos numériques, oubliez ça. Il y a des millions de VHS qui flashent dans le monde... Je crois qu’on va vers une connectivité accrue, mais avant de la maximiser, il faut accroître son humanité... et ça c'est difficile.» |
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