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Faire de l'argent avec MP3.com:
Utopik peut-être, mais pas utopique!

Jamais le nom d'un groupe n'aura été aussi bien choisi... Utopik reflète à la fois les aspirations de ce jeune duo de musiciens techno, mais aussi leur parcours qui est des plus surprenants...

Stéphanie Godin et Richard Masters, deux jeunes «clubbers» dans la vingtaine s’aiment autant qu’ils adorent la musique électronique, c'est-à-dire beaucoup. Mais jamais ils n’ont pensé que du jour au lendemain, ils se transformeraient en musiciens, auraient des fans à travers le monde et feraient de l’argent avec leur art; tout ça en demeurant dans leur appartement, tout près du stade olympique...

C’est pourtant ce qu’il leur est arrivé, lorsqu’ils ont appris l’abc de la composition musicale avec le logiciel d’initiation Mixman et qu’ils ont envoyé leurs dix premières créations sur MP3.com, le 2 février dernier, comme leur a suggéré un ami. Maintenant, Utopik, le nom de leur formation, fait partie des artistes à surveiller de MP3.com et leur succès en ligne leur permet de toucher d’appréciables sommes d’argent (leur premier chèque s'élevait à 900$ canadien, mais en décembre ils ont eu toute une surprise en touchant un chèque de 4000 dollars canadien pour le trimestre de juillet à septembre).

Cependant, MP3.com n’est pas le seul site où ils distribuent gratuitement leur musique, mais parmi ceux qui leur rapportent de l’argent, il y a «IUMA également, mais ils nous versent des chèques de 4,18 $ US aux trois mois. C'est ridicule », déplore Stéphanie «Vénus» Godin qui gagne sa vie comme préposée à la facturation, à temps plein chez Onyx Industries. Quant à son copain, Richard «Wrik» Masters, ce dernier a quitté son boulot de préposé au service à la clientèle de chez Vidéotron pour se consacrer à temps plein dans Utopik, depuis que la formation semble connaître un certain succès sur le Net et que les deux rêvent de vivre de leur musique , un jour. Utopique? C’est pourtant la réalité qu’ils vivent depuis trois mois, où ils récoltent enfin les fruits de leurs efforts.

Et dire que tout à commencé, il y a près d’un an et demi. «On cherchait une toune de Dubtribe sur le Web et on a trouvé une entrevue de Moonbeam, l’une des membres de Dubtribe. Elle parlait d'un programme cool pour débutant: Mixman Studio. On a acheté le programme en juin 1999», se rappellent-ils et depuis ils s’amusent comme des fous à tâter de nouveaux logiciels et créent leurs sons originaux avec des valeurs sûres comme Fruity loops et Acid Pro. Tout ça avec « un seul instrument, notre vieux PC: un P II 266 MHz d'Intel, puis une SoundBlaster», raconte Richard.

«C'est rendu tellement accessible. Tout le monde peut faire ça», se surprennent-ils encore. Dans leur cas, les membres d’Utopik sont assez exceptionnels, car en quelques mois, ils sont partis de zéro et maîtrisent une certaine base pour la composition de musique techno et ils font de l’argent avec leur art de surcroît; le cyberamerican dream, quoi!

Et comment peut-on évaluer la popularité d’Utopik? Et bien les pièces de la formation sont diffusées sur plus de 300 «stations» sur MP3.com, Utopik a atteint le 51e rang parmi les centaines de milliers d’artistes de toutes les catégories, dans leurs meilleurs moments ils ont récolté 1800 écoutes par jour et ont dépassé 100 000 écoutes en quatre mois. De plus, les membres d’Utopik comptent plus de 2000 membres dans la base de fans qu’ils ont créée avec ICQ. Avec le payback for Playback, Stéphanie et Richard touche de l’argent, chaque fois qu’un internaute clique sur leurs chansons pour les écouter. «c’est certains que les palmarès de MP3.com attirent beaucoup les visiteurs, mais les playlists de My.MP3.com nous aident aussi. Utopik fait tout aussi pour accroître sa popularité en envoyant ses oeuvres sur de nombreux autres sites comme Besonic, IUMA, Riffage, BPMontreal et bientôt sur Garage.com. «On a passé beaucoup de flyers. On a tapissé l’avenue Mont-Royal cet été», s’esclaffe Stéphanie. Bref, Utopik se prend en main et fait même appel à un agent proposé par MP3.com, David Blumberg, qui les épaule dans la promotion. «Nos admirateurs sont vraiment de partout sur la planète, mais l'Europe demeure notre meilleur public. L'Allemagne et l'Angleterre surtout, mais curieusement, l'Australie montre aussi un intérêt considérable», précisent-ils.

Le plus marrant, c’est quand ils essayent d’expliquer ça à leur entourage, et qu’ils ne sont pas vraiment compris... Faut quand même avouer qu’être populaire sur le Net et en profiter monétairement, ça demeure assez singulier, pour ne pas dire... une utopie!

Un reportage de [Jean-François Perreault

Article mis en ligne le 23 novembre 2000

 

 

Vénus ou plutôt Stéphanie Godin,qui songe à prendre des cours de chant, depuis le succès virtuel d'Utopik.


Wrick ou plutôt Richard Masters qui a quitté son boulot de préposé au service à la clientèle chez Vidéotron pour se consacrer à temps plein dans Utopik.


Mixman, le logiciel superfacile d'utilisation qui a contribué à la naissance d'Utopik.


Utopik n'est pas le seul groupe canadien à profiter du programme «Payback for Playback» de MP3.com. Au contraire, on en compte plusieurs. Philippe-Alexandre Bélisle, un acteur et compositeur de Longueuil faisait même partie du top cinq de ce programme, au mois d'octobre dernier. Grâce à ses pièces plutôt «classiques» et «new age», il a récolté environ 13 000 $ CAN, lors du mois d'octobre et plus de 24 000 $ CAN, depuis ses débuts sur MP3.com!

Les très canadians Cowboy Junkies se retrouvaient également en dixième position de ce palmarès avec une récolte de 12 000 huards, depuis leur récente arrivée sur MP3.com.

 Utopik sur MP3.com

  Top Tempo, le site de leur agent virtuel, assigné par MP3.com et qui donne un coup de main à Utopik pour faire sa promotion.

 Payback for Playback, le programme dont profite Utopik.

 Mixman, le logiciel facile d'utilisation qui permet de composer ses propres pièces et de faire spinner ses propres tubes.

 Dubtribe, la formation de tribal house qui leur a fait découvrir le logiciel Mixman.