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Entrevue avec Jim Charney, président et directeur exécutif de l'Academy of Interactive Arts and Sciences

Des Oscars pour les productions interactives? C'est en quelque sorte ce que voudrait bien nous présenter l'Academy of Interactive Arts and Sciences (AIAS) basée à Los Angeles qui a remis ses plus récents prix lors de l'E3 2000. Conçue sur le modèle de l'organisation qui régit la remise Oscars pour le cinéma, l'AIAS voudrait bien avoir la même réputation que son homologue et surtout jouir de la même popularité. Mais on est loin de la coupe aux lèvres: non seulement les médias traditionnels boudent-ils la cérémonie, mais tout indique que la presse spécialisée en fait autant.

Pourtant, ces prix (bien jeunes il faut l'admettre puisque l'AIAS a été fondé fin 1996 et que leur première cérémonie de remise de prix s'est déroulée en 1998), ont le mérite, à l'image des Oscars et des Grammys d'être donnés par les pairs.

Pour Jim Charney, président et directeur exécutif de l'AIAS «les principes qui régissent notre académie sont les mêmes que celles de l'industrie du cinéma et de la musique. Pour être membre de notre organisme sans but lucratif, il faut que la personne soit un professionnel travaillant à plein temps dans un poste de talent ou à l'exécutif d'une entreprise de l'indutrie du divertissement interactif.»

Pour expliquer le manque de popularité de son organisme auprès de la presse, Jim Charney croit que le tout est lié au manque de reconnaissance de l'industrie du divertissement interactif en général: «Il s'agit d'une industrie qui croit exponentiellement, mais elle n'obtient pas encore la reconnaissance qu'elle mérite, explique-t-il. Pourtant, les produits de divertissement interactif ont un public énorme et il y a des joueurs à travers le monde qui adorent les jeux produits par notre industrie. C'est pourquoi je crois que ce n'est qu'une question de temps avant que les médias et le public en général reconnaissent notre travail au même titre que les Osacars ou les Grammys».

Pour Jim Charney, en poste à l'AIAS depuis quelques mois à peine, l'avenir de l'industrie du diverissement interactif est voué au succès: «Les percées technologiques nous permettent de croire que l'industrie va pouvoir produire des jeux avec gameplay de plus en plus réaliste et satisfaisant pour les fans et le public en général. Ce n'est une question de temps avant que notre industrie soit reconnue, du point de vue artistique et de sa popularité, au même titre que celles de la musique et du cinéma».

  Interactive Achievement Awards
Les gagnants et les perdants des Interactive Achievement Awards 2000


La cérémonie de remise des prix de l'Academy of Interactive Arts and Sciences (AIAS), les Interactive Achievement Awards, s'est déroulée dans un luxueux Hôtel de Los Angeles lors d'une soirée animée par le comédien Martin Short, qui n'a d'ailleurs pas manqué une seule occasion de glisser quelques blagues sur le sort de Microsoft.

Le grand gagnant de cette remise de prix est sans nul doute le jeu The Sims, de EA-Maxis. Lauréat du meilleur jeu de l'année toutes catégories confondues, du meilleur Game Design et du meilleur gameplay engeneering, ce jeu de simulation de personnes aura donc raflé trois prix dont le plus prestigieux, celui du meilleur jeu de l'année.

En nomination dans sept catégories, le jeu Age of Empires: Age of Kings de Microsoft s'en est tiré avec trois prix: celui du meilleur jeu de l'année pour ordinateur, du meilleur scénario (ex-aequo avec Thief: The Dark Project, Eidos), et du meilleur jeu de stratégie de l'année.

Final Fantasy VIII (Square EA) pour Playstation a par ailleurs remporté les prix pour le meilleur jeu de rôle et d'aventure de l'année sur console, celui de la meilleure direction artistique et celui des meilleures animations. En plus de ces trois trophées, Hironobu Sakaguchi, le créateur de la série Final Fantasy, et président de Square USA, a remporté le prix Hall of Fame remis annuellement par l'académie.

Le prix du meilleur jeu en ligne a été attribué à Everquest (Sony) pour PC, un prix qui demeure dans le bastion des jeux pour PC mais qui risque de passer à un jeu pour console dès l'année prochaine.

Le grand perdant de cette cérémonie est sans nul doute GT Interactive, récemment acquise par Infogrammes, qui est repartie les mains vides malgré quelques titres très populaires tels que Unreal Tournament, en nomination dans quatre catégories, et Driver, en nomination dans deux catégories. Le populaire Gran Turismo 2 (Sony) est aussi repartit sans trophée malgré deux nominations. Le jeu de course de l'année est allé, de façon surprenante, à Star Wars: Episode One Racer.

Côté consoles, la Playstation a perdu le haut du pavé à ses compétiteurs, puisque la Playstation n'a remporté qu'un seul prix dans les catégories jeu de l'année, soit celui accordé à Final Fantasy VIII dans la catégorie le jeu de rôle et d'aventure de l'année pour console. Ainsi, la Dreancast de Sega a permis à Crazy Taxi de remporter le prix du jeu d'action de l'année pour console et à Soul Calibur (Namco) de rafler deux prix, soit celui du meilleur jeu pour console de l'année et celui du meilleur jeu de combat pour console. Autrement, Nintendo 64 a vu ses protégés tels que Pokémon Snap (meilleur titre familial de l'année sur console), Knockout Kings 2000 (meilleur jeu de sport de l'année sur console) et Star Wars: Episode One Racer (meilleur jeu de course de l'année sur console) s'envoler tous les autres prix prestigieux pour consoles.

Pour consulter la liste complète des lauréats, rendez-vous sur le site de l'Academy of Interactive Arts and Sciences (www.interactive..org)

Article mis en ligne le 24 mai 2000

 

 

Jim Charney, président et directeur exécutif de l'Academy of Interactive Arts and Sciences

Propos recueillis par Carlos Soldevila / Le Lien multimédia