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Entrevue avec Claude Dugas, directeur général d’IMPAC
Créé il y a moins d’un an et officiellement en fonction depuis l’automne dernier, IMPAC – Interactive Multimedia Producers Association of Canada (l’association des producteurs en multimédia interactif du Canada) se veut la voix unique des associations canadiennes en nouveaux médias auprès des gouvernements canadiens et des décideurs et gouvernements étrangers. Claude Dugas, directeur général d’IMPAC nous explique la structure et les mandats de l’association qu’il dirige.
Le Lien multimédia (Le Lien): Dans quel contexte est né IMPAC? C. D.: Jusqu'à il y a environ un an, il y avait un problème de communication entre les associations régionales en multimédia et le gouvernement fédéral. Le gouvernement devait "dealer" avec une dizaine d'organisations régionales qui avaient chacun leur agenda, leurs problèmes, leurs perspectives et c'était difficile pour le fédéral de développer des programmes appropriés. Les associations régionales ont donc senti le besoin de se doter d’une voix nationale pour être bien représentées auprès du gouvernement fédéral. Au mois de mai l’année dernière, le gouvernement a organisé et financé une réunion à Ottawa à laquelle toutes les associations régionales ont participé. En moins de deux heures, on s’est entendu sur la nécessité de mettre en place une association nationale. Le Lien: Toutes les régions sont représentées? C.D: On est constitué en tout de cinq régions: la Colombie-Britannique, l’Ouest canadien, l’Ontario, le Québec et les provinces de l’Atlantique. Chaque région à 3 membres au conseil d'administration d’IMPAC. Le Lien: Des associations de producteurs uniquement? C.D.: Non, pas nécessairement. IMPAC est ouvert à d'autres types d’organisations, en autant qu’elles aient comme intérêt le développement de l'industrie. Il y a des gens qui font du contenu et des gens qui font du service. Certains font de l'animation, d’autres du Web. Ça varie énormément. Le mot clé, c'est nouveaux médias. Le Lien: Au Québec, quelles associations siègent au c.a. d’IMPAC? C.D.: En ce moment, l'APMQ contrôle les trois votes du Québec. Mais il est fort possible qu'au cours des prochains mois, on recrute d'autres membres, d'autres associations à travers le Québec. Le Lien: Cela veut dire que le FIM et le CESAM ne sont pas membres d'IMPAC? C.D.: Pas encore, mais ils le pourraient. On est encore en train de définir notre politique de membership; je n'ai pas approché d'autres organisations officiellement. Le Lien: Comment IMPAC est-elle financée? C.D.: Il y a les cotisations, bien sûr. Mais l’industrie est jeune et la plupart des associations sont toutes récentes, ce qui fait que la plupart des associations régionales n’ont pas vraiment les moyens de financer IMPAC pour l’instant. À l'heure actuelle, le financement provient principalement des projets. À cela pourraient s’ajouter des subventions au fonctionnement, des subventions de projets et des revenus provenant de la vente de services via notre site Web. Dans notre structure de membership, il y a des membres réguliers, des membres associés. On n'a pas l'intention et ce n'est pas notre but d’avoir comme membre des producteurs et ainsi faire compétition aux associations régionales. Le Lien: IMPAC a une permanence? Depuis combien de mois, de semaine? C.D.: IMPAC a reçu l'automne dernier, de Développement Économique Canada – bureau du Québec une subvention pour développer un plan d’action, un plan de communications, de financement et organiser certaines activités d’animation à travers le Canada. C'est à même cette subvention que l'on se finance actuellement. Le Lien: C’est donc pour cette raison que le bureau d’IMPAC est à Montréal. C. D. : Oui. Quand l'APMQ s'est présentée à la réunion de mai 99, on avait déjà fait les approches pour du financement. On était presque certain d'obtenir du financement à la condition que les bureaux soient à Montréal. C'est une permanence qui est un peu différente de l'APMQ dans le sens où IMPAC n’a pas l’intention de se construire une grosse équipe. Il existe déjà des équipes permanentes dans les différentes associations régionales. Plusieurs des projets sur lesquels on travaille s'appuient sur l'expertise et les ressources des associations régionales. Le cas échéant, on fait un transfert d'argent pour compenser. L'idée, ce n'est pas de créer une bureaucratie ou de doubler les effectifs qui existent déjà en région. L'APMQ, par exemple, me donne un coup de main au point de vue de l’administration et de la comptabilité. Le Lien: Depuis qu’IMPAC existe, quel genre d’activités avez-vous réalisé? C. D.: Entre autres choses, on a fait une tournée de consultation à travers le Canada, de Vancouver jusqu'à Terre-Neuve. Cela nous a permis de discuter des besoins de l'industrie sur différents plans, dont les programmes gouvernementaux, Dans le cadre du Milia, IMPAC a fait un travail d'intelligence de marché pour les producteurs. Un travail de maillage entre des entreprises étrangères et canadiennes. Toujours au Milia, nous avons participé au cyber-reportage organisé par le FIM. Et puis il y a d'autres activités moins publiques, beaucoup de lobby à Ottawa. Le Lien: Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a un mouvement de consolidation entre les organismes régionaux au Québec. Qu’en pensez-vous? C. D.: D’abord il faut bien comprendre que notre mandat est national, que notre clientèle est nationale. On n’est donc pas en compétition avec les organismes du Québec comme l’APMQ, le CESAM ou le FIM. On ne se mêle pas des politiques régionales comme tel, sinon pour encourager un non-dédoublement des activités. Cela dit, je pense que les discussions qui ont lieu entre les trois organisations du Québec sont dans l’intérêt de l’industrie. Que ces discussions-là débouchent sur une fusion des organisations, une réorganisation des mandats, peu importe, mais il faut que ça se fasse. Si cela aboutit seulement au mois de janvier, ce sera beaucoup trop tard. Il y a une espèce de flottement à l'heure actuelle et je pense qu'ils auraient intérêt à le régler le plus rapidement possible. Le Lien: Y a-t-il des équivalents d'IMPAC dans d'autres pays? C. D.: C'est un petit peu particulier au Canada. Premièrement des associations en production en multimédia, il n'y en a pas des tonnes, entendons-nous là-dessus. Les plus fortes les plus dynamiques, on sait tous où elles sont; elles sont au Québec et aux États-Unis. Mais une organisation structurée comme IMPAC au point de vue national et régional, cela n'existe pas vraiment. Je pense que c'est peut-être typique du Canada. Propos recueillis par Steeve Laprise
Article mis en ligne le 20 avril 2000
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 Claude Dugas |
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