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Pluralité francophone
Traduire ou ne pas traduire le contenu de la Toile ? Là nest pas la question !
Même si, au début des discussions, la question de la traduction de contenus anglophones en français a été soulevée, les participants de latelier «contenu» ne se sont pas étendus sur le sujet. «On a cette vilaine tendance à subordonner la culture francophone pour la culture anglophone, à traduire de langlais au français», a fait remarquer René Morin, qui a travaillé dans le milieu de la traduction. Se disant très sceptique face à la traduction de contenu, il a soulevé un point sur lequel les Québécois sont très chatouilleux étant donné la proximité des États-Unis et des provinces canadiennes anglophones. Dans un même ordre didée, Monique Stam, spécialiste du droit, a parlé des problèmes dadaptation de logiciels, dénonçant la complication que cela amène parfois : « Ladaptation ressemble parfois à de la reconstruction », a-t-elle mentionné. Très vite, la discussion a bifurqué vers la question inverse : et si on traduisait des contenus francophones afin de les rendre accessibles à un plus grand nombre de gens ? Cest ainsi que lidée de créer une banque de résumés « traduisibles » a germé. Répertoriés dans un site carrefour, ces résumés constitueraient un élément de promotion non négligeable, selon lensemble des participants. La Francophonie étant plurielle, les discussions ont aussi porté sur les langues orales, qui se transposent tranquillement à lécrit, notamment par le biais de chat. Un phénomène fort intéressant considérant le nombre de dialectes africains de traditions orales ! Alex Corenthin, président du chapitre sénégalais de lInternet Society et professeur duniversité, a rapporté lexemple du Wolof, que les jeunes Sénégalais utilisent fréquemment pour échanger même sur le Web, en reproduisant les sons à laide de lalphabet grec. Peu à peu, une recommandation a ainsi pris forme : « Promouvoir les langues locales de la Francophonie notamment par la création dune banque de résumés. » Du réel au virtuel La numérisation du contenu existant sest aussi retrouvée au centre des discussions. Laspect juridique faisant forcément surface dès quon aborde le sujet, une deuxième recommandation a surgi au fil des échanges : « tout document produit sous fond public devrait être accessible sur le Net ». Pour la diffusion des autres contenus, plusieurs zones grises restent à éclaircir. Toutefois, des expériences positives dans le domaine de larchivage, comme celle du journal sénégalais Le Soleil, qui a su préserver ses archives sur support « papier » - chose que ne sont pas arrivés à faire tous les journaux africains, certains ayant été entre autres victimes dincendies! démontrent bien la richesse des contenus quil est possible de rendre accessible au grand public via la Toile. Les documents historiques et les archives des musées font partie des contenus quil pourrait être intéressant de faire connaître aux internautes. Histoire de favoriser léchange de contenu, la mise en réseau des médias francophones figure également au rayon des recommandations. [MJG]
Article mis en ligne le 18 juin 2002
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