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LISOC, victime de la globalisation?
Lassés du manque de support de la part de lInternet Society, les membres des pays francophones de cette organisation, réunis dans une assemblée spéciale à Montréal (ISOC Francophonie 2002), ont fait part de leurs griefs à lun des fondateurs de lISOC, James Galvin. Les aura-t-il entendus ?
Nous sommes toujours curieux de savoir comment sest déroulé INET 2002, à Washington, où les participants à la conférence ISOC Francophonie 2002 ont demandé une certaine forme de reconnaissance à lISOC. Ceux-ci veulent bénéficier dune marge de manoeuvre et développer ensemble des projets concrets qui répondent directement à leurs besoins, souvent collectifs et complémentaires. Le Québécois Jean-Claude Guédon qui a participé à lorganisation de la rencontre de Montréal est assez clair à ce sujet: «Jespère quune page se tourne également pour la société mondialisée en quête de ses directions quest ISOC. Une organisation qui doit apprendre à composer avec des regroupements un peu inattendus de la part de ses leaders actuels», faisant référence au regroupement spontané des chapitres francophones dISOC mobilisés autour de la conférence ISOC Francophonie. «Nous avons ici la chance de possiblement démontrer au monde quun regroupement politique et linguistique peut se mobiliser autour dintérêts communs, créer de nouveaux mouvements, réinstaurer des débats essentiels comme le rôle des internautes dans la société civile», a-t-il dit. Lors de la tenue dISOC Francophonie 2002, la maison-mère à dépêché James Galvin, lun des fondateurs dISOC pour jauger le mécontentement des membres des pays francophones. Les principaux griefs que ceux-ci maintiennent envers la maison-mère, basée à Reston aux États-Unis, cest le manque de support que cette dernière leur apporte, la sourde-oreille quelle semble leur faire, ainsi que le fossé linguistique qui sépare le siège social des différents chapitres adhérant à lorganisation. «Jai un peu limpression dêtre Monsieur K. de Franz Kafka qui vit dans lindifférence du château», a raconté Jean-Claude Guédon à James Galvin, en assemblée. Depuis 1990, lInternet Society est devenu une énorme organisation ayant des ramifications à travers le monde. On dénombre maintenant presque une soixantaine de chapitres répartis à travers le monde, dans les Amériques, lAfrique, en Europe et en Asie. Et pourtant, la maison-mère nutilise que langlais comme langue de communication, au désespoir de certains pays pour qui langlais nest pas une langue dusage courant. Pour marquer lironie de la chose, les responsables dISOC Francophonie ont dû remuer ciel et terre pour faire appel à un service de traduction simultanée permettant à lAméricain James Galvin de comprendre les propos tenus par les francophones à Montréal, alors que lISOC aurait très bien pu dépêcher dautres membres qui parlent le français; il y en a. Cependant, les francophones, tout comme les hispanophones ou mêmes les arabophones, nont pas droit à ce type dattention quand ils se déplacent à INET, par exemple. Même les documents distribués ne sont disponibles quen anglais. LISOC serait-elle victime de la globalisation quelle prône? Isolé, le pauvre James Galvin a passé un très mauvais quart dheure à Montréal, mal armé et devant se défendre contre une assemblée de gens mécontents. Lambiance navait rien dune mutinerie, les francophones et francophiles, enfin maîtres de leur langue, pouvaient dire aux «messager américain» de ne pas sous-estimer les pays de la francophonie, qui ont décidé de se serrer les coudes. Quel message James Galvin transmettra-t-il à ses supérieurs? La balle est maintenant dans le camp de lISOC, si celle-ci tient à ramener la confiance de ses membres francophones. [JfP]
Article mis en ligne le 15 juin 2002
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 James Galvin
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