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La «tectonique des civilisations» selon Luc Courchesne
Elle permet dabattre les frontières, de rassembler des gens éparpillés aux quatre coins du globe, doublier le concept même de distance. La visio-conférence, espace de rencontre du futur?
«On est protégé par la distance, a expliqué Luc Courchesne, président de la Société des Arts technologies (SAT), lors dun dîner conférence donné dans le cadre dISOC-Francophonie, le 13 juin. Avec la visio-conférence, cest comme si on prenait des lieux et quon les rapprochait. » Ce mouvement, Luc Courchesne le définit comme une «tectonique des civilisations», résultat des moyens de communication de plus en plus efficaces. Fort de lexpérience de «Rendez-vous dans les bancs publics 1999», qui a relié les villes de Montréal et Québec, puis de Paris et Belfort, par une «autoroute» virtuelle permettant aux gens déchanger sur la rue sans se taper trois heures dautobus, la SAT travaille activement à élaborer la phase 3 de son projet: une «Place des nations» comportant des modules dans cinq ou six pays différents. Au Québec, lexpérience a remporté un franc succès. Pendant un mois et demi, Monsieur et Madame Tout-le-monde ont eu la possibilité de rencontrer des gens via des écrans géants. Pour leur permettre de se voir comme sils se regardaient dans les yeux, on a percé lécran au centre et placé la caméra à lintérieur. Pas denregistrement ni danimation pour brimer la spontanéité des gens. Pas de télévision non plus pour que les participants se voient interagir. Luc Courchesne garde de très bon souvenirs de lévénement. Il donne lexemple dune fille qui était à Québec et qui a vu passer un homme sur la rue, à Montréal. «Elle la interpellé, il est venu sasseoir sur le banc et ils ont commencé à parler. » Quelques jours plus tard, sur lécran de Montréal, on a pu apercevoir ce même homme à Québec, aux côtés de ladite fille «Le bouche à oreille a aussi fait que les gens se sont mis à se donner des rendez-vous», dit-il. Il se souvient dune dame âgée à qui sa famille avait décidé de faire une surprise en lamenant devant lécran. La famille entière sest ainsi retrouvée face-à-face, oubliant les kilomètres qui les séparaient. Ces échanges libres ont aussi donné lieu à quelques actes de violence verbale. «Les gens avaient plus daudace», explique Luc Courchesne. «La culture numérique interpelle tout le monde puisquelle est en train de changer», souligne Monique Savoie, directrice générale de la SAT. La «Place des nations» version 2002 devrait être mise en place lautomne prochain. Marie-Julie Gagnon / www.lienmultimedia.com Reproduction autorisée, avec la signature complète et crédit à www.lienmultimedia.com
Article mis en ligne le 13 juin 2002
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