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«Le contenu, cette bien grosse valise»
Au cours de cette première rencontre internationale dISOC-Francophonie, le Québécois Clément Laberge a rappelé de façon fort simple à quel point on doit faire des distinctions par rapport aux critères qui caractérisent le contenu, quon peut définir comme «une bien grosse valise».
En effet, le contenu à le dos large pour ceux qui ne sintéressent quà remplir les tuyaux dInternet. Peut-être trop même. Cest le cas dOdile Ambry, lune des responsables dISOC-France et surtout une femme à la défense du contenu, qui aime le journalisme et qui tient à défendre le droit de ses pairs sur Internet: «Je naime pas la marchandisation du contenu qui est en train de sopérer, le contenu est en voie de devenir un produit parmi tant dautres. De grands risques sont là, surtout concernant le flou qui entoure de plus en plus sa nature. Dans cette grande valise, on ne sait plus trop quoi mettre et quoi enlever. Comment distinguer un annonceur qui vend son catalogue, dun auteur qui vient de pondre un énorme bouquin spécialisé, dune webcam ou même des dessins de ma nièce que jenvoie à un ami par courriel», a-t-elle mentionné. Par-dessus tout, cette dernière semble craindre la dévalorisation du travail et de la création au profit du divertissement: «Internet, cette grande bibliothèque mondiale, eh bien, je la trouve un peu mal foutue, quil y manque dindex, de diversité et aussi de bibliothécaires», déplore-t-elle. Clément Laberge croit donc quon doit redéfinir le contenu en fonction des produits informatifs, culturels et des services. «Cependant, il est difficile didentifier la forme exacte que ça peut prendre. Insidieusement et souvent, par réflexe, quand on parle de contenu on fait tout de suite allusion au texte, alors quil nous faut élargir son spectre, comme laudio, par exemple. Dans le cas dune interface vocale, par exemple, le contenu nest pas toujours alphabétique», souligne-t-il. De là découlent dautres problématiques, comme celles-ci: Comment diffuser largement sur Internet des contenus audiovisuels nécessaires au développement des cultures orales destinés aux analphabètes? Comment assurer des masses critiques de contenus nécessaires à ladoption dInternet par les populations francophones et que celles-ci les consultent? Jean-François Perreault / www.lienmultimedia.com Reproduction autorisée, avec la signature complète et crédit à www.lienmultimedia.com
Article mis en ligne le 13 juin 2002
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