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Libres et commerciaux, des logiciels en français SVP!
Lindisponibilité de logiciels en français, peu importe quil sagisse de logiciels libres ou de produits commerciaux, retarde la pénétration dInternet dans plusieurs pays et régions francophones. Parmi les pistes dactions discutées lors dun atelier sur les technologies à ISOC-Francophonie 2002, on sest demandé comment il faudrait encourager le déploiement de logiciels en français ou leur traduction à tout le moins.
Sil est vite apparu évident quil nappartenait pas à ISOC de jouer un rôle de premier plan dans la traduction des logiciels, celle-ci pourrait néanmoins faciliter laction dautres associations dans le domaine du logiciel libre. Jacques Guidon, de lUniversité de Nantes, constate que malgré les nombreuses pressions effectuées depuis plusieurs années auprès des éditeurs, la problématique demeure. "Le rôle dISOC pourrait être de dynamiser les associations de développeurs de logiciels libres, et dencourager les étudiants en informatique et en traduction à la nécessité de traduire les logiciels. Aujourdhui, la majorité des environnements informatiques quon utilise en Afrique sont en anglais. Cisco, par exemple, balance ses formations en anglais, même dans les pays francophones. Il est de la responsabilité de chaque pays de refuser ce type de prestation et dimposer ses règles linguistiques" Selon le témoignage dAdiel Akplogan, dISOC-Togo, il semble cependant et cest tant mieux que Cisco offre maintenant ses cours en français dans plusieurs pays africains. Ce nest toutefois pas le cas de tous les éditeurs et constructeurs. Adiel Akplogan pensent que la législation peut aider. "En France, il y a des lois qui obligent les éditeurs de logiciels à rendre disponibles des versions françaises de leurs produits ou à tout le moins de la documentation traduite. En Afrique, les gouvernements doivent être sensibilisés à cette problématique et les chapitres ISOC peuvent jouer un rôle dans ce sens. Il faut encourager le développement des logiciels libres et nous assurer que le travail des développeurs est public et bien diffusé. Cest en démontrant des réalisations concrètes que nous réussirons à convaincre nos gouvernements dagir." Les marchés africains nétant pas suffisamment importants aux yeux lucratifs de plusieurs constructeurs, il semble que le développement des réseaux, en français et dans dautres langues nationales, repose en grande partie sur les logiciels libres. Adiel Akplogan, dISOC-Togo, souligne quau Togo et sur la Côte-dIvoire, il existe plusieurs associations regroupant des développeurs de logiciels libres,. Celles-ci sont toutefois relativement embryonnaires, comptant entre un an et 18 mois dexistence. Le mouvement est enclenché et déjà quelques résultats se manifestent, souligne Adiel Akplogan, qui donne en exemple dune association linux au Togo, où un membre a développé un logiciel ISP (Internet Service Provider) libre. Ingénieur réseau, Adiel Akplogan connaît bien lenvironnement Linux puisquil est instructeur International à lAUF (Association des Universités Francophones ), chargé des cours LINUX, Infrastructure et sécurité réseau dans plusieurs universités. Par le passé, il a collaboré à la conception, linstallation et la mise en exploitation en 1997 du premier nud international de service Internet au TOGO. Emmanuel Tonyé de lÉcole Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé au Cameroun souhaite que des organismes comme lInstitut des nouvelles technologies de linformation et de la formation (INTIF) se réunissent plus souvent quune fois lan pour discuter des besoins en logiciels libres. "Organiser des rencontres une seule fois par année, ce nest pas suffisant, dit-il. Et puis il faut penser à la diffusion. Développer est une chose, mais il faut trouver les ressources pour graver ces logiciels sur CD-ROM et les installer sur des sites miroirs dans les pays du Sud." Steeve Laprise / www.lienmultimedia.com Reproduction permise, avec la signature complète et crédit à www.lienmultimedia.com
Article mis en ligne le 13 juin 2002
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 Adiel Akplogan, dISOC-Togo et Emmanuel Tonyé de lÉcole Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé au Cameroun
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